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Pourquoi j'aime le dessin-animé Masha et Michka

Le 27 avril 2017, 23:02 dans Humeurs 0

A la maison, nous avons fait le choix d'avoir une télévision qui n'est pas reliée aux chaînes locales, bien que l'abonnement soit intégré dans le prix de la location des lieux. L'omniprésence des publicités rend les programmes in-regardables. Nous visionnons donc : des DVD ou Blu-ray ; des programmes issus de Netflix ou Amazon. L'offre en dessins animés est une corne d'abondance dont nous ignorons encore les limites. Il a donc fallu faire des choix pour nos enfants.

 

J'ai éliminé d'office les dessins animés violents et vulgaires. Ensuite, à force d'en visionner, j'ai trouvé LE dessin animé qui correspond à mes goûts et mes valeurs et que mes enfants (2 ans, 3 ans et 5 ans) adorent. Il s'agit de "Masha et Michka".

 

 

 

Masha est une petite fille Russe qui vit près d'une gare en pleine campagne. Elle est entourée d'animaux avec lesquels elle passe tout son temps. 


Ce que j'aime :

 

  • Tous les épisodes se passent dans la nature, avec des animaux. Les paysages (forêt, lac, prairies...) sont apaisants et jolis. C'est frais, comparés aux dessins animés urbains qui se déroulent au parc, à l'école, voir au super marché.

 

  • Les personnages ont des personnalités normales. Ils ont leurs qualités et leurs défauts. Tous. Ce n'est pas un dessin animé avec des gentils et des méchants, ni avec QUE des gentils (ce que je trouve autant anxiogène que les défilés de mode avec que des femmes extrêmement minces). Par ailleurs, le loup court après le lapin pour le manger, tout comme le lapin mange des carottes, sans qu'aucun ne sont catalogués méchants sur la base de son régime alimentaire.

 

 

  • Masha est une petite fille très active et fatigante pour tout son entourage, toutefois, les animaux l'aiment comme elle est. Lorsqu'un jour, fatigués par son énergie, ils tentent de modifier son comportement en la faisant s'intéresser à la coiffure, ils font ensuite machine arrière car la vraie Masha leur manque.

 

 

  • Dans un autre épisode, Masha se met à dos tous les animaux. Ils sont furieux et veulent la punir. L'ours prend alors sa défense en relatant (sans mot, les animaux ne parlent pas dans Masha et Michka) sa propre enfance, pendant laquelle, lui-aussi, a parfois fait des choses à ne pas faire. Chaque animal se souvient alors qu'il a aussi dépassé certaines limites quand il était enfant. Un bon rappel, pour nos enfants et pour nous-mêmes, que nous avons tous été enfant et que tous les enfants font des erreurs. Ce n'est pas grave de se tromper, l'important est d'apprendre de ses erreurs.

 

 

  • Mes enfants cherchent à reproduire les activités de Masha et l'ours : faire de la chimie, de la couture, des confitures, de la magie, jardiner...Plusieurs fois, le dessin animé a été le déclencheur de nouvelles activités très enrichissantes. 

 

  • Au final, je trouve que Masha est l'allégorie de tout enfant, qui est, par nature, épuisant pour ses parents. Et l'ours, est le brave parent épuisé par sa marmaille, qui aimerait bien, parfois, pouvoir faire un mot croisé tranquillement, et n'y arrive jamais. Pour autant, l'ours aime Masha telle qu'elle est et ne voudrait pas qu'elle soit autrement. Et si Masha peut être agaçante, c'est une enfant, et elle aussi grandira.

 

Les guillis sont-ils bienveillants ?

Le 27 avril 2017, 22:58 dans Humeurs 0

A diverses occasions, j'ai entendu parler de cette technique de parentalité bienveillante, qui consiste à chatouiller un enfant qui boude, pleure, fait une crise, pour le faire rire et changer son humeur. Les témoignages disent que c'est très efficace : on chatouille, l'enfant rit. Pour autant, cette pratique est-elle bienveillante ?

 

 

 

Plusieurs choses me gênent :

 

Tout d'abord, l'usage de la contrainte physique : très clairement, il s'agit de contraindre physiquement un enfant à rire. Le rire est dans ce cas une réponse mécanique à stimulus physique, le guili. Il n'est aucunement l'expression d'un bien être, car, souvenons-nous, l'enfant boude, pleure ou fait une crise. Le chatouillement a, par le passé, été utilisé par diverses cultures comme une forme de torture.

 

Pourquoi je trouve ça mal ? Déjà car c'est un abus de puissance. Ensuite, car cela enseigne à l'enfant qu'il est autorisé de contraindre physiquement, que ce soit lui-même ou quelqu'un d'autre.

 

 

Par ailleurs, en forçant l'enfant à rire lorsqu'il n'est pas d'humeur, on lui envoie le message que ses sentiments ne sont pas importants pour nous parents. Le risque est qu'il prenne l'habitude de cacher les sentiments perçus comme négatifs par son entourage, et qu'un jour il ne les perçoive plus lui-même. Il existe beaucoup d'adultes déconnectés de leurs émotions et je crains que la technique "guilis" y contribue.

 

Je comprends tout à fait qu'en tant que parents nous ayons parfois envie de sortir une baguette magique qui transforme les larmes en rires. Mais n'oublions pas que c'est quand ils sont les plus difficiles que nos enfants ont le plus besoin d'amour. Qu'aimeriez-vous que votre meilleur ami fasse quand vous vous sentez frustré, triste, en colère ? Qu'il vous fasse des grosses blagues pour vous faire rire ? Ou qu'il vous écoute, vous comprenne, vous prenne dans ses bras ?

Prendre ou ne pas prendre des anti-douleurs

Le 27 avril 2017, 22:50 dans Humeurs 0

Aujourd'hui, je me suis cassé un orteil. J'ai accidentellement cogné mon pied et j'ai aussitôt entendu "CRAC !", avant même de ressentir la douleur. C'est douloureux. Pourtant je ne ressens ni l'envie, ni le besoin, de prendre d'anti-douleur. J'en suis moi-même étonnée, étant plutôt sensible à la douleur. Comment en suis-je arrivée là?

 

 

 

J'ai commencé à m'éloigner des anti-douleurs lorsque je travaillais dans des zones reculées, avec de hauts risques de maladies, et avec un accès à un médecin nécessitant une journée de voyage. Dans ces conditions, s'éloigner des anti-douleurs est une façon d'assurer sa survie : si vous allez vraiment mal, vous le sentez et vous partez immédiatement à la capitale vous faire soigner. Le décès d'une regrettée collègue, ayant attendu la demi-journée de trop avant d'aller se faire soigner, planait au-dessus de nous. Nous en étions convaincus, les anti-douleurs, c'est bien, mais seulement quand on est pris en charge par un médecin.

 

Ensuite, j'ai changé de pays et retrouvé un médecin à chaque coin de rue. Je me suis mariée, eu des enfants (4). Soit quatre grossesses et quatre allaitements pendant lesquels j'ai conservé une consommation d'anti-douleur très limitée. Pour autant, je n'avais plus rien contre le fait de prendre 2 ou 3 fois par an, un efferalgan de confort, lorsque j'avais un gros mal de tête ou un mauvais rhume.

 

Et puis, il y a eu mon dernier accouchement, dans l'eau et sans anti-douleur. Il s'est passé quelque chose de curieux et de marquant. Au moment de la délivrance, je criais et je souffrais. La gynécologue, inquiète que le bébé ne sorte trop vite et ne percute le bord de la baignoire, a retenu le bébé et m'a sommée d'arrêter de pousser. Le fait qu'elle retienne le bébé et me crie : "STOP !", m'a sortie de ma bulle. J'ai arrêté de pousser, de crier, et....je me suis rendue compte que je n'avais AUCUNE, je dis bien AUCUNE douleur physique. Les cris se sont tus d'eux-mêmes. J'étais sereine. J'ai réalisé que je criais car j'étais sous l'emprise de ma souffrance, à bien distinguer de la douleur qui est physique. La souffrance n'est pas physique, mais psychologique. J'avais peur, et ma peur me faisait souffrir à en hurler. Mais une fois sortie de cette bulle de panique, la souffrance a disparu comme par enchantement.

 

Aujourd'hui, lorsque j'ai entendu mon orteil faire "crac!" dans un bruit d'os de poulet qui se casse, j'ai tout de suite compris qu'il était cassé. J'ai eu peur et j'ai souffert. J'ai même commencé à sauter sur mon autre pied. Puis je suis revenue à mes sensations physiques. J'ai constaté que je n'avais pas encore mal (les grosses douleurs sont plus longues à arriver que les petites). Le temps que la douleur arrive, j'ai fait face à mes souffrances (oui le son était horrible, oui je vais avoir mal, oui ça va être un problème dans les semaines à venir, mais ce n'est pas la fin du monde et je vais réussir à m'organiser). La douleur était bien installée quand j'ai eu fini de prendre soin de ma souffrance. J'ai ainsi pu prendre en charge ma douleur, sans le poids de la souffrance. Et il faut croire que la souffrance représentait un sacré poids dans la balance, car sans elle, la douleur est parfaitement gérable sans anti-douleur.

 

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